La santé intestinale et le microbiote

Comment choisir ses probiotiques ?

Rédigé par Iris LACROIX
19/01/2024

Sélection rigoureuse de la souche, dosage précis, parfaite traçabilité, gélule végétale… plusieurs critères sont essentiels à prendre en compte pour choisir les meilleurs probiotiques selon les besoins de santé propres à chacun.

  1. Les probiotiques c’est quoi ?
  2. A quoi servent les probiotiques ?
  3. Quand faut-il faire une cure de probiotiques ?
  4. 3 conseils pour bien choisir ses probiotiques
  5. Où trouver des probiotiques ?
  6. Comment reconnaître le probiotique idéal ?

Des probiotiques

Les probiotiques c’est quoi ?

Les probiotiques sont des « micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont administrés en quantités suffisantes, confèrent un avantage sanitaire à l'hôte ». C’est ainsi que les probiotiques ont été définis en 2001 par l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (ONUAA) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). [1]

Historiquement, c’est en 1908, que sont découverts les probiotiques, par Metchnikoff, qui observe une amélioration de l’état de santé de paysans bulgares consommant régulièrement des yogourts enrichis en bactéries lactiques vivantes.[2]

En effet, on retrouve les probiotiques dans certains aliments (lait, yaourts, kéfir…) ou bien, aujourd’hui, sous la forme de compléments alimentaires. Les bactéries probiotiques sont répertoriées en 4 genres différents : 

  • Lactobacilles,
  • Bifidobactéries,
  • Streptocoques,
  • Lactocoques.

Chacune de ces genres de probiotiques regroupe des milliers de souches bactériennes qui ont toutes pour but d’améliorer la santé. Ce sont les souches lactobacilles et les bifidobactéries qui sont ceux les plus utilisées pour la formulation de compléments alimentaires.

Les probiotiques ont suscité un intérêt croissant ces dernières années, devenant un sujet fréquemment abordé dans les discussions sur la santé et objet d’étude par de nombreux chercheurs ce qui a permis de souligner leur impact bénéfique sur la santé[21].

Un groupe de travail conjoint entre la Food and Agriculture Organization (FAO) et l’OMS a permis d’élaborer des directives ayant pour but d’évaluer la qualité des probiotiques alimentaires. Les exigences minimales requises sont :

  • L’identification de la souche (genre et espèce).
  • L’élaboration de tests in vitro (en laboratoire) pour prouver l’activité probiotique (telle que la résistance aux acides biliaires et digestifs).
  • L’élaboration de tests in vivo (chez l’homme) pour prouver les effets bénéfiques sur leur hôte,
  • L’élaboration de tests garantissant la sécurité sanitaire (absence de contamination)[2].

A quoi servent les probiotiques ?

Les probiotiques sont ainsi des bactéries bénéfiques pour la santé. Bien que le terme "bactérie" ait souvent une connotation négative, il est nécessaire de noter que certaines bactéries, comme les probiotiques, sont indispensables pour notre santé et protègent notre organisme des déséquilibres liés à nos modes de vie modernes et à divers facteurs environnementaux.

Les principaux intérêts de prendre des probiotiques sont :

  • Amélioration de la santé digestive : les probiotiques favorisent l'équilibre de la flore intestinale en augmentant le nombre de bonnes bactéries dans l'intestin. Cela peut contribuer à prévenir ou à soulager des troubles digestifs tels que la diarrhée, la constipation, le syndrome du côlon irritable et d'autres problèmes liés au système digestif.

  • Renforcement du système immunitaire : une grande partie de notre système immunitaire se situe dans l'intestin, et un équilibre sain de la flore intestinale est crucial pour un système immunitaire efficace. Ainsi, les probiotiques peuvent aider à renforcer la réponse immunitaire.

  • Amélioration de la santé vaginale : les souches de lactobacilles, en particulier, peuvent contribuer à maintenir un environnement vaginal sain en empêchant la croissance excessive de bactéries nuisibles.

Quand faut-il faire une cure de probiotiques ?

Nourrisson, enfant, adulte, sénior, sportif, femme enceinte ou allaitante… recourir aux probiotiques peut s’avérer utile à chaque étape de nos vies :

  • En prévention : il est recommandé de ne pas attendre de rencontrer des problèmes digestifs avant d'initier une cure de probiotiques naturels. Même en étant en bonne santé, il est essentiel de prendre soin de son système digestif. Une cure de probiotiques peut prévenir non seulement les troubles digestifs, mais aussi contribuer à la vitalité, au bien-être émotionnel, à la beauté de la peau, des cheveux, des ongles, et bien d'autres aspects puisqu’ils sont source de nutriments, nécessaires à la croissance normale des cellules.

  • Pour renforcer son immunité : les probiotiques permettent d’améliorer la réponse immunitaire.

  • Après un traitement antibiotique : les antibiotiques peuvent perturber l'équilibre de la flore intestinale en éliminant non seulement les bactéries nocives, mais aussi les bactéries bénéfiques présentes dans nos intestins. Cela peut entraîner des problèmes digestifs tels que des ballonnements, des douleurs abdominales et des diarrhées légères ou sévères.

  • Avant et pendant un voyage : les déplacements exposent notre système digestif à divers défis, comme des modifications alimentaires, un environnement différent, le stress du voyage ou le risque d'infections. 

  • En cas de troubles digestifs : si vous faites face régulièrement à des désagréments tels que des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz ou des troubles du transit, cela peut indiquer un déséquilibre de votre flore intestinale. Les probiotiques peuvent aider à retrouver un confort digestif.

  • Si vous êtes intolérant au lactose, les probiotiques peuvent aider à améliorer la digestion. 

  • Les probiotiques ont aussi le pouvoir de diminuer le cholestérol sanguin (en réduisant son assimilation).

  • En cas de désagréments intimes : le vagin possède son propre microbiote, susceptible d'être fragilisé et déséquilibré. Souvent, cela se manifeste par des infections comme des cystites ou des mycoses.

  • Enfin, plusieurs études ont démontré les effets positifs des probiotiques sur la réduction de la consommation d'antibiotiques (via notre alimentation, car ils sont utilisés dans l’élevage intensif des animaux). On pourrait donc penser que les probiotiques permettraient de réduire la présence de drogues et d’organismes multirésistants dans notre environnement.

3 conseils pour bien choisir ses probiotiques

Astuce n°1 : opter pour des souches de probiotiques qui correspondent à vos besoins

Pour rappel, l’appellation complète (genre, espèce et souche) est importante pour savoir à quel probiotique on a à faire :

Lactobacillus acidophilus [11]

Leurs propriétés probiotiques sont dues à leur résistance à la bile et à leur capacité à adhérer au microbiote intestinal, leur permettant de se substituer aux bactéries pathogènes. Les Lactobacillus acidophilus présentent également l’avantage de produire des saveurs et arômes qui procurent des propriétés organoleptiques intéressantes aux aliments fermentés et inhibent leur détérioration. Les aliments les plus connus qui en contiennent sont les produits laitiers (lait, yaourt et kéfir) ou non-laitiers comme le lait de soja et les jus de légumes/fruits fermentés.

Les Lactobacillus acidophilus présentent de nombreux avantages pour la santé : dans le soulagement des troubles digestifs (constipation et diarrhée), la compétitivité contre les bactéries pathogènes, la réduction de la biosynthèse du cholestérol, la prédigestion du lactose permettant aux personnes intolérantes au lactose de consommer des produits laitiers sans aucun inconfort.

Lactobacillus rhamnosus [12]

Depuis sa découverte en 1985 par Sherwood Gorbach et Barry Goldin, il a été étudié sous divers essais cliniques et s'est avéré procurer une multitude d'avantages pour l'hôte, dont entre autres, l’amélioration des troubles diarrhéiques, des allergies infantiles, de la prise de poids, et des troubles respiratoires. Il est utilisé en toute sécurité depuis de nombreuses années. C’est l’un des probiotiques les plus étudiés.

Lactobacillus plantarum [13]

Cette bactérie a été étudiée dans le traitement de diverses problématiques chroniques et cardiovasculaires telles que les troubles neurodégénératifs, le diabète, l'obésité, les problématiques liées à la tension artérielle, les complications urogénitales, les troubles hépatiques, etc.

Le nom "plantarum" fait référence à une "espèce de plantes". Elle est présente dans des aliments tels que le pain au levain, la choucroute, le kimchi et la saumure d'olive.

Bifidobacterium [1] [14] [15]

Les Bifidobactéries font parties des bactéries dominantes du côlon humain, notamment lors de la phase de développement du microbiote chez les nouveau-nés nourris au sein.

Les Bifidobactéries sont considérées comme des micro-organismes probiotiques, qui, en général, sont utiles pour maintenir des équilibres appropriés entre les différentes flores dans les différentes parties de l'intestin. Certaines souches de Bifidobacterium d'origine humaine sont capables de synthétiser certaines vitamines. Par exemple, la thiamine, l'acide folique, la biotine et l'acide nicotinique sont synthétisés en quantités appréciables par B. bifidum et B. infantis, alors que B. breve et B. longum sont des producteurs reconnus de riboflavine, de pyridoxine, de cobalamine et d'acide ascorbique. 

Les propriétés majeures des Bifidobacterium spp. sont les suivantes :

  • Amélioration de la digestion du lactose,
  • Augmentation des Bifidobactéries fécales,
  • Prévention et soulagement de la diarrhée causée par l'alimentation,
  • Prévention de la diarrhée induite par les antibiotiques,
  • Stimulation de l'immunité intestinale,
  • Stabilisation du péristaltisme intestinal,
  • Normalisation ou rééquilibrage des taux de cholestérol sérique,
  • Maintien d’une tension artérielle normale.

                Les souches B. animalis sont celles qui ont été les plus étudiées, et en particulier :

                Aujourd’hui, le B.bifidum est également largement étudié car il est utile pour stimuler le système immunitaire et améliorer les fonctions digestives de leurs hôtes. Il est particulièrement connu par le grand public, sous le terme de bifidus actif, dans de nombreux yaourts.

                Astuce n°2 : veillez à certains détails sur les étiquettes      

                Outre le choix des probiotiques qui vous correspondent, il sera intéressant d’être vigilant à ce qu’il sera mentionné sur la notice :

                L’association de prébiotiques à la formule est intéressante.

                En effet, les prébiotiques sont en quelque sorte « l’aliment des probiotiques » : ils favorisent la croissance des bactéries et leur permettent d’exercer plus efficacement leurs fonctions bénéfiques sur la santé de l’hôte.

                L’effet prébiotique d’un aliment est apporté par sa teneur en fibres. Les fibres alimentaires sont un enchaînement de molécules de sucres (appelés polysaccharides) qui ne peuvent pas être digérées par l’organisme humain. Elles progressent donc intactes au sein de l’appareil digestif haut, résistant aux différents processus de dégradation de la digestion (action des sucs gastriques, libération des enzymes digestives…). Lorsqu’elles progressent dans l’intestin, elles vont entrer en contact avec les bactéries au niveau du côlon. Les bactéries intestinales sont capables de digérer les fibres alimentaires et de les décomposer. Cette digestion libère des composés bénéfiques à l’organisme. Ainsi, les bactéries, bien « nourries » grâce aux fibres, vont croître plus rapidement et en plus grand nombre, peuplant ainsi l’intestin de bactéries bénéfiques à la santé.

                Il y a donc un double effet à l’interaction entre les aliments prébiotiques et les bactéries intestinales :

                • Libération de molécules favorables à la santé (dont les acides gras à chaîne courte),
                • Développement des « bonnes » bactéries intestinales, au détriment des « mauvaises ».

                Le mot « prébiotique » est rarement utilisé sur l'étiquette. Nous vous recommandons de plutôt rechercher les terrmes suivants : Galacto-oligosaccharides (GOS), Fructo-oligosaccharides (FOS), Oligofructose (OF), fibres (d’acacia par exemple) … [16]

                Enfin, à noter que la combinaison de probiotiques et prébiotiques, porte parfois le nom de symbiotiques.

                Le dosage est essentiel       

                La notion de dose est importante. Une espèce peut avoir un rôle différent (pathogène ou probiotique) suivant sa concentration dans le microbiote. 

                En prenant en compte la quantité de nourriture ingérée et l'effet de stockage, il a été suggéré qu'un apport quotidien de 108 à 109 UFC/g* de bactéries probiotiques, permettrait leur survie lors de leur passage dans le tube digestif pour exercer leurs fonctions physiologiques positives dans l’intestin. [5]

                * UFC= nombre d’Unités Formant Colonies : il s’agit du nombre de bactéries viables dans le produit (parfois désignées comme « cultures vivantes »). Évitez les produits indiquant UFC "Au moment de la fabrication" – un tel étiquetage ne tient pas compte du déclin de l’UFC pendant le stockage. [16]

                La durée et les conditions de conservation     

                Enfin, il est nécessaire de garder un œil sur la date de péremption et les conditions de conservation. Les probiotiques se conservent à température ambiante dans l’emballage d’origine généralement, à l’abri de la chaleur (pour éviter d’être tués) et de l’humidité (pour éviter d’être activés).

                La date de péremption est importante, car il s’agit d’éléments « vivants ».

                Astuce n°3 : bien les utiliser pour profiter de tous leurs bienfaits 

                Femme prenant un probiotique avec un verre d'eau

                Les probiotiques sont à prendre de préférence le matin, à jeun, c’est-à-dire avant le petit-déjeuner avec un grand verre d’eau, ou selon les recommandations de votre praticien de santé. Il est recommandé de ne pas dépasser les quantités indiquées. Enfin, les probiotiques sont à consommer dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée et d’un mode de vie sain.

                Il existe peu de contre-indications aux probiotiques, cependant, ils sont contre-indiqués aux bébés prématurés, dont le système immunitaire est immature [17]. Les probiotiques sont également contre-indiqués aux enfants ou aux adultes souffrant d’un déficit immunitaire (par exemple : lymphome, leucémie, immunosuppresseur, chimiothérapie…) [18]

                Les probiotiques peuvent entraîner certains effets indésirables, dont majoritairement des symptômes digestifs (gaz et des ballonnements). Cependant, ces symptômes disparaissent au bout de quelques semaines [19]. Dans de rares cas, des réactions allergiques peuvent se produire, et pour plusieurs raisons. Le lactose étant utilisé dans de nombreux suppléments, il peut provoquer des allergies chez certains sujets sensibles. Autres facteurs : certaines souches pourraient élever le taux d’histamine dans le sang et ainsi engendrer une réaction allergique. [20]

                En bref, les probiotiques répondent à la règle des 3V : ils sont Variés, Vivants et vous Veulent du bien !

                Où trouver des probiotiques ?

                Les produits lacto-fermentés [1] [2] [7]

                La première des supplémentations, comme toujours, reste l’alimentation. Les probiotiques que l’on consomme proviennent de diverses sources : lait maternel, certains aliments d’origines animales ou végétales.

                Dans notre alimentation, nous retrouvons les probiotiques dans les produits lacto-fermentés, contenant donc des bactéries lacto-fermentées (ou ferments lactiques). Il est important de noter que la majorité des ferments lactiques sont des probiotiques, mais que tous les probiotiques ne sont pas forcément des ferments lactiques.

                Les ferments lactiques probiotiques font partie d’une catégorie de probiotiques qui produisent de l’acide lactique lors de la fermentation. Il s’agit du procédé de lacto-fermentation, procédé de conservation qui consiste à laisser macérer les aliments, et ainsi laisser les bactéries, levures ou moisissures effectuer la transformation des sucres présents dans les aliments et dans le lait en acides lactiques (en l’absence d’oxygène, car l’oxygène les étouffe). Ceci permet ainsi leur prolifération. On retrouve ces aliments fermentés dans les produits laitiers (yaourt, fromages) principalement mais également dans les légumes fermentés (choucroute), les céréales fermentés (pâte de miso) ou le kéfir. C’est pourquoi on dit que ces aliments sont naturellement riches en probiotiques.

                La fermentation des aliments est utilisée par l'Homme depuis le néolithique pour améliorer leur conservation, leur digestibilité et leur goût.

                Compléments alimentaires vertComparés aux probiotiques vendus sous forme de compléments alimentaires, ceux des aliments lacto-fermentés présentent l’avantage d’être plus variés, surtout si l’on mange différents types de légumes que l'on a fait fermenter. 

                Mais ces aliments n’étant pas toujours consommés de façon régulière, il peut être intéressant de compléter ses apports avec des probiotiques sous forme de compléments alimentaires.

                Les compléments alimentaires probiotiques [10]

                Les probiotiques, sous la forme de compléments alimentaires, peuvent être une alternative pour les personnes pour qui les aminés provoquent des maux de tête. En effet, les aliments fermentés riches en probiotiques contiennent naturellement des aminés, contrairement aux compléments probiotiques et qui peuvent se présenter comme une bonne alternative [8] [9]. Enfin, les compléments alimentaires peuvent également s'avérer intéressants pour les personnes allergiques au lactose, sous réserve bien sûr, qu'ils soient correctement sélectionnés.

                Le choix de probiotiques sous forme de compléments alimentaires permet une sélection fine des probiotiques, en fonction de leurs propriétés spécifiques, pour répondre à un besoin précis. En se complémentant ainsi, on a le pouvoir de choisir le probiotique ou l’assemblage de probiotiques qui nous correspond.

                Ce type de probiotique est cultivé et ensemencé dans les aliments, ou lyophilisé pour être administré sous forme de gélules ou de solutions buvables. Pour être efficaces, ils doivent répondre à toutes les caractéristiques évoquées précédemment.

                Comment reconnaître le probiotique idéal ?

                Le probiotique idéal doit exercer un effet bénéfique sur l’hôte [2] [3]

                Il s'agit bel et bien de ce que nous recherchons quand nous prenons des probiotiques !

                Les bienfaits des probiotiques pour la santé sont dus aux propriétés des souches utilisées et à leur mécanisme d’action.

                Le probiotique idéal doit être ni pathogène, ni toxique [2]

                Un bon probiotique doit également être accepté par le système immunitaire et il doit être exempt d'agents pathogènes, allergènes, ou mutagènes. On attend des probiotiques qu’ils soient sélectifs dans leur cytotoxicité ; c’est-à-dire bénéfiques pour les cellules hôtes et mortels pour l'agent pathogène et les cellules défaillantes.

                Le probiotique idéal doit être capable de résister à l’acidité gastrique ainsi qu'aux sécrétions pancréatiques et biliaires

                Pour qu'ils soient efficaces, il est notamment nécessaire de maintenir l'activité métabolique des probiotiques tout le long de leur parcours dans le tube digestif. [2] [4] [5]

                En effet, les aliments sont fortement transformés durant leur transit dans le tube digestif et une grande quantité des bactéries ingérées y est détruite. Les souches probiotiques doivent donc pouvoir surmonter le pH extrêmement bas et l'effet émulsifiant des sels biliaires, et atteindre le site d'action (l’intestin généralement) dans un état physiologique acceptable pour agir. La quantité de probiotiques transitant vivants dans l’intestin dépend de la souche, de la dose ingérée, et des caractéristiques de l’hôte. La dose ingérée de probiotiques est un facteur important pour obtenir des concentrations élevées dans les différents compartiments de tube digestif (nous y reviendrons plus loin).

                Il doit rester vivant durant sa conservation et son utilisation [2]

                Les probiotiques, qu'ils se trouvent dans des aliments (yaourts, laits fermentés, jus de fruits), ou dans des compléments alimentaires (gélules, comprimés), sont en état « d'hibernation » en attendant de bonnes conditions pour revenir à une vie métabolique complète. Cet état d'hibernation est caractérisé par une absence de croissance, de reproduction et d'activité métabolique. 

                La réactivation de la vie métabolique doit uniquement intervenir lorsque ces bactéries atteignent l'intestin, dans lequel toutes les conditions sont réunies : température optimale, bonne disponibilité des nutriments, acidité adéquate et humidité.

                Quand vous ouvrez un complément alimentaire contenant des probiotiques, vous trouvez généralement une poudre sèche blanche. Voici à quoi ressemblent les bactéries dans leur état dormant, grâce à un procédé technologique appelé lyophilisation.

                Enfin, pour des raisons pratiques et commerciales, les probiotiques doivent être facilement cultivables à grande échelle et doivent résister aux manipulations technologiques telles que le chauffage. Ils doivent aussi être conservés dans des emballages à faible teneur en oxygène.

                Il doit être capable d’adhérer à la muqueuse intestinale [2]

                Un bon probiotique devrait avoir une bonne capacité à adhérer à l'épithélium intestinal, pour agir localement, durablement, et empêcher la colonisation des agents pathogènes dans l'intestin.

                Ceci est une condition nécessaire pour une colonisation intestinale sur le long cours.

                Il doit se multiplier rapidement pour empêcher la prolifération des bactéries potentiellement pathogènes

                Tableau lactobacilles et bifidobactériesLes probiotiques vont coloniser et protéger tout le tube digestif, créant un milieu hostile à la croissance des « mauvaises » bactéries endogènes (infections) et exogènes (alimentation). [2]

                Les Lactobacilles et les Bifidobactéries obéissent généralement à ces 6 conditions. Elles présentent également l’avantage d’être les bactéries probiotiques majeures de notre flore intestinale, bien qu’il en existe des milliers d’autres (chaque individu possède sa propre flore intestinale, avec son cocktail spécifique de bactéries, évoluant avec l’âge et le mode de vie). [1] [4]

                C’est pourquoi les Lactobacilles et les Bifidobactéries sont les souches les plus utilisées dans des compléments alimentaires ou dans la fabrication de certains produits laitiers. La figure 1 reprend les probiotiques les plus courants. [1]

                En effet, les souches probiotiques utilisées sont nommées selon trois informations précises : genre,  espèce et souche.

                • Exemple : Bifidobacterium animalis subsp. lactis XYZ
                • Genre: Bifidobacterium
                • Espèce: animalis
                • Sous-espèce: lactis
                • Souche: XYZ

                Nous avons besoin des 3 informations pour savoir de quel probiotique il s’agit. [6]

                En conclusion, un choix éclairé des probiotiques est nécessaire pour promouvoir une santé optimale, avec des critères tels que la sélection précise de la souche, le dosage adéquat et une traçabilité irréprochable. Ces micro-organismes vivants offrent divers avantages, de l'amélioration de la santé digestive au renforcement du système immunitaire. Il est recommandé de faire des cures de probiotiques dans différentes situations, de la prévention, soulager des troubles digestifs, renforcer de l’immunité ou bien lors de périodes post-antibiotiques. Pour choisir judicieusement, il est essentiel de sélectionner des souches adaptées, de bien lire les étiquettes, d’utiliser les probiotiques de manière réfléchie dans le cadre d'un mode de vie sain et de faire le point avec un professionnel de santé. La prise de probiotiques peut jouer un rôle essentiel pour maintenir une santé globale à toutes les étapes de la vie.

                Figure 1. Inspirée de Iqbal MZ, Qadir MI, Hussain T, Janbaz KH, Khan YB, et al. (2014) Probiotics and their beneficial effects against various diseases. Pakistan Journal Pharmaceutical Sciences 27: 405-415.

                [1] https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03161018/document
                [2] https://innovationinfo.org/articles/IJFB-1-106.pdf
                [3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4045285/
                [4] https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT-Ra-PreprobiotiqEN.pdf
                [5] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6683253/
                [6] https://isappscience.org/
                [7] https://www.mdpi.com/2072-6643/12/6/1679/htm
                [8] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27375596/
                [9] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27699780/
                [10] https://www.vidal.fr/parapharmacie/complements-alimentaires/probiotiques-bifidobacteries-saccharomycetes.html
                [11] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9780081005965008520
                [12] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9780128040249000070
                [13] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4705246/
                [14] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9780123847300002081
                [15] https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/B9780128040249000136
                [16] https://www.nature.com/articles/nrgastro.2017.75
                [17] Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Rapport : "Alimentation infantile et modification de la flore intestinale", Juin 2003
                [18] Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) Saccharomyces boulardii (ultra-levure) : ajout d’une contre-indication chez les patients en état critique ou immunodéprimés. Lettres aux professionnels de santé 19/02/2018.
                [19] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20208051/

                [20] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22201793/
                [21] W. Smoragiewicz & al, Canadian Science Publishing - les probiotiques - 1993, 39(12) : 1089-1095.

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