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Microbiote et immunité : le rôle de l'intestin dans la protection de l’organisme

De plus en plus étudié, le lien entre microbiote, aussi appelé flore intestinale, et système immunitaire fait l’objet de très nombreuses publications scientifiques. En effet, l’intestin n’est pas uniquement un organe dédié à la digestion, il joue également un rôle majeur dans les processus de défense contre les agents pathogènes.

QU'EST-CE QUE LE MICROBIOTE INTESTINAL ?

Parfois considéré comme un organe à part entière, le microbiote intestinal correspond à l’ensemble des communautés microbiennes évoluant tout le long de notre système digestif. Ces micro-organismes sontmicrobiote et immunité relativement peu présents au niveau de la muqueuse gastrique en raison de l’acidité locale. A contrario, on les retrouve en plus en grand nombre au niveau du côlon. Il s’agit de la plus importante communauté bactérienne du corps humain, avec plus de 100 000 milliards de bactéries1. Il y aurait donc 2 à 10 fois plus de cellules microbiennes que de cellules qui composent notre propre organisme !

Chez l’Homme, la flore intestinale se compose de plus de 160 espèces de bactéries différentes, appartenant principalement à deux grandes familles : les Firmicutes et les Bacteroidetes2. A ce jour, on estime que toutes les populations existantes n’ont pas encore pu être détectées et déterminées avec précision. Néanmoins, chaque individu héberge sa propre diversité d’espèces, rendant ainsi son microbiote unique sur le plan quantitatif et qualitatif. Il existerait cependant un socle commun de 15 à 20 espèces présentes chez tous les êtres humains, en charge des fonctions essentielles du microbiote.

Dans des conditions normales, cette population vit en équilibre avec l’organisme et joue plusieurs rôles physiologiques importants pour notre santé :

  • Il améliore la digestion et l’extraction de l’énergie des aliments,
  • Il produit des vitamines (vitamine K et B8),
  • Il régule plusieurs voies métaboliques (absorption des acides gras, du calcium, du magnésium...)
  • Il s’oppose aux agents pathogènes.
  • Il joue un rôle crucial dans le développement du système immunitaire en produisant des effets bénéfiques qui retentissent non seulement sur l’intestin, mais aussi sur l’ensemble du corps.

COMMENT LE MICROBIOTE ET D'AUTRES MÉCANISMES DE DÉFENSE INTESTINAUX RENFORCENT-ILS L'ORGANISME ?

Le système immunitaire joue un rôle ambivalent dans l’intestin : il protège l’organisme des éléments pathogènes ingérés par voie orale, tout en tolérant les nutriments issus de l’alimentation ainsi que l’ensemble de micro-organismes constituant le microbiote intestinal.

Ce sont les cellules épithéliales de la paroi intestinale qui forment la principale voie d’entrée pour de nombreux agents indésirables (bactéries, antigènes alimentaires...). Heureusement, notre corps est une formidable machine capable de se protéger naturellement face aux agressions extérieures. Il existe donc des mécanismes de défense faisant intervenir plusieurs acteurs :

LE MUCUS

Il s’agit d’une substance gélifiée dont les principales fonctions consistent à lubrifier, à hydrater et à protéger les cellules épithéliales sous-jacentes. Dans le côlon, où la densité bactérienne est maximale, le nombre de cellules à mucus augmente considérablement, permettant ainsi la formation d’un film muqueux plus épais. Riche en anticorps et en substances antimicrobiennes, le mucus forme la première ligne de défense contre les menaces biologiques et chimiques traversant notre tube digestif. Il présente une forte activité antimicrobienne et antifongique, notamment envers la souche Candida Albicans impliquée dans la candidose. Le mucus constitue une barrière physique entre la paroi intestinale et les substances potentiellement nocives présentes dans la lumière intestinale (espace creux dans lequel transitent les aliments).

De plus, la couche superficielle du mucus intestinal constitue une niche idéale de colonisation pour le microbiote. C’est en effet dans le mucus que les « bonnes bactéries » vont pouvoir puiser les substrats nécessaires à leur croissance.

LE MICROBIOTE (OU FLORE INTESTINALE)

microbiote intestinal et immunitéLe microbiote intestinal participe pleinement au fonctionnement du système immunitaire. Dès les premières années de vie, le microbiote est nécessaire pour que l’immunité intestinale apprenne à distinguer les espèces « amies » des pathogènes. De plus, la présence des « bonnes bactéries » permet de saturer l’espace et ainsi d’empêcher les éventuelles bactéries pathogènes de proliférer. En effet, en tapissant naturellement la muqueuse intestinale, le microbiote entre en compétition avec les agents indésirables, limitant ainsi leur expansion.

Le microbiote permet également d’éviter la croissance de microbes pathogènes en influant sur les conditions ambiantes (pH, quantité d’oxygène disponible) et en produisant des substances susceptibles de nuire aux agents indésirables (bactériocines).

Enfin, les différentes souches bactériennes présentes dans un microbiote sain vont jouer sur la réponse immunitaire, activer la résistance de l’hôte et moduler la réponse immunitaire14.

Ainsi, l’équilibre de l’écosystème intestinal est essentiel pour maintenir de bonnes défenses immunitaires. Le stress, l’alimentation déséquilibrée, la consommation répétée de médicaments (antibiotiques, pilules contraceptives, IPP, cortisone...) et de substances toxiques, peuvent provoquer un déséquilibre du microbiote que l’on appelle dysbiose.

L’ÉPITHÉLIUM INTESTINAL

L’épithélium intestinal est une interface dynamique composée de différents types cellulaires spécialisés dans diverses fonctions :

  • Ils assurent l’absorption des nutriments et garantissent la liaison entre la lumière intestinale et l’intérieur de l’organisme. Ces cellules (les entérocytes particulièrement) forment une barrière sélective assurant l’étanchéité vis-à-vis des éléments pathogènes et laissant passer les éléments nutritifs issus de l’alimentation (nutriments, vitamines, minéraux...).
  • Ils contribuent à la production de substances antimicrobiennes au sein de l’intestin grêle. Ce mécanisme immunitaire lutte donc aussi bien contre les bactéries pathogènes, les champignons, les parasites et certains virus. Différents travaux ont montré que la production de ces substances immunitaires était stimulée par la présence d’un microbiote intestinal sain15.
  • Ils agissent comme des gardiens de l’intégrité de la muqueuse digestive et permettent de limiter les contacts entre le microbiote et la muqueuse intestinale.
  • Ils sont impliqués dans la présentation d’antigènes au système immunitaire sous-jacent, aboutissant à l’activation des lymphocytes B et T (cellules du système immunitaire qui produisent des anticorps). Tout au long de la vie, ces éléments seront stimulés par le microbiote afin de maintenir une tolérance vis-à-vis des « bonnes bactéries » et une protection contre les germes pathogènes16.

La muqueuse intestinale représente donc un écosystème complexe qui, en conditions physiologiques, reste dans un état d’équilibre malgré les différentes agressions qu’elle peut subir. Il est à noter que cette barrière possède une extraordinaire capacité de régénération en cas d’agression grâce à son renouvellement rapide à partir de cellules souches. Plusieurs études ont montré que le microbiote intestinal participait à ce processus de régénération, suggérant qu’il peut influencer la capacité proliférative des cellules souches intestinales17.

LE SYSTÈME IMMUNITAIRE INTESTINAL

Les chercheurs estiment que près de 70% des cellules immunitaires de l’organisme se situent dans l’intestin. Ce chiffre impressionnant permet de se rendre compte de l’importance de l’écosystèmehomme combattant un virus représentation de l'immunité intestinal dans la protection de l’organisme !

Le lien entre le microbiote et le système immunitaire intestinal est essentiel pour le maintien de l’immunité. En effet, un déséquilibre du microbiote pourrait être à l’origine d’une absence de réaction des cellules immunitaires contre les pathogènes ou, à l’inverse, d’une hyperactivation de ces cellules contre la nourriture ou les bactéries commensales (bactéries qui vivent des déchets qui se trouvent à l'extérieur de nos tissus) engendrant des intolérances alimentaires, des Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI), des troubles auto-immuns...

Ainsi, lorsque la sphère intestinale se fragilise, c’est tout le système immunitaire qui s’affaiblit. De nombreuses études ont montré l’influence du microbiote sur le métabolisme et la détérioration de la santé. Ainsi, depuis quelques années, on soupçonne que le microbiote humain ne serait pas étranger à l’apparition ou à l’aggravation de certains problèmes de santé chroniques tels que les maladies auto-immunes (maladies inflammatoires de l’intestin, arthrite inflammatoire, psoriasis, allergies et intolérances alimentaires...) mais également l’obésité, la dépression, l’autisme, les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson...) et bien sûr la plupart des pathologies digestives.

MICROBIOTE ET INFLAMMATION

L’inflammation est une des premières réponses du système immunitaire inné (acquis à la naissance). Elle est induite par différents facteurs chimiques relargués par les cellules abîmées et permet d’établir une protection efficace contre la propagation d’éventuels agents infectieux.

Il s’agit également d’un processus biologique étroitement corrélé à la flore intestinale. En effet, il a été prouvé que le microbiote pouvait interférer dans la nature et la quantité de mucus intestinal. Une qualité de microbiote amoindrie peut donc impacter fortement le rôle de barrière physique et chimique du mucus intestinal.

De plus, lorsque la production de mucus est compromise, la barrière intestinale se fragilise et prédispose aux processus inflammatoires inappropriés. En effet, les bactéries intestinales - indésirables ou non – vont pouvoir atteindre les cellules de la paroi intestinale normalement inaccessibles et protégées par la couche de mucus. Le passage de nourriture ingérée pourra également venir irriter la paroi intestinale. L’ensemble de ces actions est à l’origine de dommages tissulaires entraînant l’activation des cellules intestinales de l’immunité non spécifique : c’est le début de la réponse inflammatoire.

Chez l’homme, l’inflammation au niveau du mucus et le déséquilibre du microbiote seraient des facteurs mis en cause dans deux MICI : la maladie de Crohn et la rectocolique hémorragique20,21. Ces pathologies inflammatoires sont caractérisées par un déficit en certaines bactéries et par une augmentation de la population d’autres bactéries pro-inflammatoires22. D’après les chercheurs, ces dysbioses seraient à la fois une cause et une conséquence de ces maladies.

Enfin, en cas de dysbiose intestinale, certaines bactéries porteuses de composants inflammatoires peuvent prendre le dessus et se comporter comme de véritables corps étrangers. Leur présence anormale va se traduire par une stimulation du système immunitaire et une production de substances inflammatoires (cytokines), destinées à les neutraliser. Il s’en suivra une inflammation locale ainsi qu’une augmentation de la perméabilité de la paroi intestinale. Les bactéries néfastes pourront alors traverser cette dernière, passer dans la circulation sanguine et provoquer des phénomènes inflammatoires dans d’autres tissus du corps humain.

Comme nous venons de le voir, un déséquilibre du microbiote peut être la cause de divers phénomènes inflammatoires. A l’inverse, une réponse inflammatoire importante peut également favoriser la croissance de bactéries pathogènes au détriment de bactéries commensales, réduire leur diversité ou induire des déséquilibres entre espèces. Il s’agit donc d’un véritable cercle vicieux :

Un microbiote déséquilibré créer une dysbiose et va engendrer des inflammations
(mucus amoindri, déficit d’AGCC, présence de LPL)

L’inflammation déséquilibre le microbiote et crée une dysbiose intestinale

La modulation du microbiote intestinal constitue donc une nouvelle piste pour le traitement de nombreuses maladies inflammatoires souvent graves et invalidantes. Le microbiote est un sujet ancré dans l’actualité scientifique et son étude, par la compréhension de sa constitution et de son développement, pourrait permettre d’influencer la survenue de certaines pathologies métaboliques ou auto-immunes.

prendre soin de son microbiote intestinal pour soutenir son immunité

COMMENT RENFORCER SON IMMUNITÉ ?

Le microbiote constitue une cible thérapeutique de choix dans le cadre de l’immunité. De plus en plus d’études prouvent que l’hygiène de vie et l’alimentation sont des piliers de la santé intestinale. Quelques bonnes habitudes alimentaires ainsi que certains aliments peuvent être particulièrement bénéfiques pour prendre soin de son microbiote.

Pour renforcer ses défenses immunitaires, il est également possible d’agir sur la composition et la santé de la flore intestinale grâce à l’apport de prébiotiques spécifiques.

En ce sens, l’apport de symbiotiques (associations de prébiotiques et de probiotiques) peut être intéressant. Probiotiques Immunité associe complexe de 3 souches probiotiques breveté (SynBalance® DefensePlus), une fibre d’acacia prébiotiques brevetée aux effets cliniquement prouvés (Fibregum™) et de la vitamine D qui contribue au fonctionnement normal du système immunitaire.

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Références :

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