Les Cahiers de la Santé Naturelle : regards d’experts

Interview de Véronique Mounier

Rédigé par Experts COPMED
15/04/2026
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Véronique Mounier

Pour commencer, pourriez- vous vous présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?

Je suis Véronique Mounier, docteure en pharmacie. Je suis formée en nutrithérapie, en micronutrition et en santé fonctionnelle grâce à la formation que j’ai suivie chez DFM. J’ai aussi obtenu un diplôme de nutrithérapie avec le Collège des médecines douces du Québec.

Et puis, dans une autre vie, j’ai été journaliste médicale… mais aussi animatrice télé sur des programmes qui n’avaient parfois rien à voir avec la santé, c’était une parenthèse inattendue, que je n’avais absolument pas planifiée, mais très sympathique pour autant !

Ces huit dernières années, j’ai exercé en cabinet à Boulogne-Billancourt, dans une pratique entièrement orientée vers la prévention et la médecine fonctionnelle. Et aujourd’hui, j’ai ouvert une officine axée sur la micronutrition où je poursuis les consultations — un projet qui me ressemble profondément.

Racontez -nous votre parcours, de la pharmacie à la télévision ?

Effectivement, j’ai fait pharmacie, mais honnêtement, à l’époque, je ne savais pas trop pourquoi. Je savais surtout ce que je ne voulais pas : voir des gens malades toute la journée. C’est pour ça que je n’ai pas fait médecine ! La prévention, en revanche, ça me parlait déjà beaucoup. Je cherchais plutôt à empêcher les gens de tomber malades. À l’époque, j’ignorais tout de la médecine fonctionnelle, mais pour autant je m’intéressais beaucoup à tous les moyens naturels pour rester en bonne santé.

En plus, je n’avais moi-même pas une santé de fer. Je tombais souvent malade, j’avais une mauvaise immunité, toujours des sinusites, des problèmes ORL, une fatigue chronique… Jamais rien de grave, mais suffisamment pour me pénaliser au quotidien. Et de surcroît quand j’ai intégré le monde médiatique, où l’on vous demande constamment d’être au top de votre forme !

Pendant mes études de pharmacie, j'ai donc fait progressivement la découverte du journalisme médical, et puis je suis rentrée pleinement dans les médias, totalement par hasard.

Un jour, on m’a dit “Ils cherchent une chroniqueuse santé à Télématin. Tu devrais passer le casting.” J’y suis allée sans aucune pression, vraiment plus pour dire : “Je l’ai fait, pour le fun !”, parce que j’avais déjà un métier et une vie bien réglée. Comme je n’avais rien à perdre, le casting s’est bien passé… et on m’a prise. Le premier jour de direct à 6 h 30 avec William Leymergie, je me suis dit : “Mais qu’est-ce que je fais ici, pourquoi je m'inflige ça ? ! Rires”.

Et finalement, je me suis prise au jeu, j’ai trouvé ça amusant ! Après Télématin, M6 est venue me chercher. J’ai participé à différentes émissions — Le Chantier, E = M6, Nouveau look pour une nouvelle vie, certains se souviennent peut-être de moi pour la première et 2e saisons de L’amour est dans le pré, j’ai aussi fait de la radio sur Europe 1…

C’était une expérience drôle, inattendue, intense. Mais longtemps, je n’ai jamais vraiment senti que j’étais “à ma place”. Mon objectif, depuis que j’avais commencé la télévision il y a 12 ans, c’était de faire une émission de santé !

Les producteurs me reprochaient souvent de “ne pas faire assez animatrice”. Ils voulaient du show, de la mise en scène… mais ce n’est pas moi. J’avais besoin d’authenticité, de sens. À un moment, Chérie 25 m’a confié un talk-show et on devait lancer (enfin !) cette fameuse émission santé — mon rêve depuis toujours. Et puis finalement, au dernier moment, le projet est tombé à l’eau.

Véronique Mounier et médias

Au même moment, j’ai malheureusement perdu mon père dans un accident de montagne… et ça a été le déclic. Je me suis dit : “Ça suffit. Je veux faire ce pour quoi je suis faite.” J’ai donc arrêté la télé, repris mes études, passé ma thèse, fait mes formations. Et deux ans plus tard, j’ouvrais mon cabinet. Je me suis installée à Boulogne-Billancourt deux mois avant le COVID — mauvais timing ! Je n’avais plus de patients, c’était le calme plat. Et tout à fait par hasard, une émission que j’avais tournée avec Faustine Bollaert sur les reconversions professionnelles a été diffusée juste après le confinement. Du jour au lendemain, mon agenda s’est rempli. Comme quoi… la vie fait parfois bien les choses ! Aujourd'hui, je suis fière d’avoir une patientèle fidèle, variée et très investie.

Quelle typologie de patients rencontrez-vous le plus souvent ?

J’ai deux grands profils de consultants. Les femmes constituent 60 % de ma patientèle. Ménopause, fertilité, troubles hormonaux, digestion… J’adore travailler sur la fertilité : en septembre dernier, j’ai eu trois patientes qui m’ont annoncé leur grossesse la même semaine, après trois ou quatre mois de prise en charge. L’une attendait même des jumeaux ! La micronutrition peut vraiment changer les choses.

Parallèlement à cela, je suis frappée de voir combien la jeune génération (les 25–35 ans) est consciente de l’importance de la prévention. Ils ont vu leurs parents ou grands-parents mal vieillir. Ils savent que le système de santé va être sous tension. Ils veulent agir avant d’être malades. Ils ne viennent pas pour “manger des graines et ne plus jamais sortir”, mais pour bien vivre, bien dormir, mieux digérer, avoir de l’énergie.

Quels sujets mériteraient d’être davantage mis en avant selon vous ?

La prévention. Mais pas la prévention façon “cinq fruits et légumes” ou “10 000 pas par jour”. Cette prévention-là est galvaudée, presque dépassée. Je parle de la vraie prévention personnalisée, basée sur des bilans sanguins, et accompagnée par un thérapeute formé. Elle doit tenir compte de nos intolérances, notre microbiote, notre mode de vie, nos hormones. Elle n’est pas forcément contraignante. Moi, j’adore manger ! Je mange de tout, mais j’essaie de manger intelligemment. C’est ça que je tente d’apprendre à mes patients.

Je suis très engagée sur le sujet des compléments alimentaires. C’est un sujet brûlant, parce qu’on entend beaucoup de bêtises dans les médias. Quand j’entends des médecins dire au 20 heures que les compléments ne servent à rien, j’ai envie de leur répondre : “Vous avez de la chance, vous, d’avoir des patients qui mangent des produits frais tous les jours, qui vivent au soleil, qui n’ont jamais mal au ventre et qui ont un microbiote parfait !”

Aujourd’hui, les sols sont appauvris. Une pomme d’il y a 100 ans contenait jusqu’à 50 fois plus de vitamines qu’une pomme actuelle. Certains légumes ont également perdu 80 % de leur teneur en magnésium en un siècle.On ne citera jamais assez ce type d’exemple. Alors oui : on en a besoin, mais intelligemment. Pas en mode “je prends tout ce que je vois”. Les compléments sont actifs. Il y a des interactions, des effets secondaires, des dosages à respecter. Et à ce jeu d’information, les médias ont un rôle précieux à jouer.

"Je suis très engagée sur le sujet des compléments alimentaires…"

J’ai animé pendant deux ans l’émission La Santé d’abord sur les télévisions locales. J’avais plus de liberté, j’ai pu inviter des experts de médecine fonctionnelle. Mais une tribune nationale qui parle de micronutrition de manière rationnelle, grand public, pédagogique… ça manque. Si demain on me donnait carte blanche pour une émission santé, j’y retournerai. Mais ça devra servir à quelque chose, je ne veux pas faire du sensationnalisme.

Officine nouvelle génération de Véronique Mounier

Vous venez d’ouvrir une officine nouvelle génération. Parlez-nous de cette idée !

C’est exact ! Et je suis tellement excitée par ce projet. Depuis 8 ans, je consulte seule. C’est passionnant, mais aussi très solitaire. Et surtout, je voulais rendre la micronutrition accessible au plus grand nombre, parce qu’en cabinet, tout le monde ne peut pas se payer une consultation. En officine, au comptoir, on peut déjà faire énormément ! J’ai donc trouvé avec mon associée qui s’est formée à la micronutrition, une pharmacie idéalement située, avenue des Ternes à Paris. Dans cette officine, on a souhaité « casser les codes ». Robot au comptoir, espace de conseil, sélection de produits de qualité, efficaces et transparents.

Je veux faire de cette pharmacie une destination : un lieu où l’on vient parce qu’on sait qu’on aura un vrai conseil. Et à terme… pourquoi pas créer une licence du modèle ?

En parallèle, j’écris une “Bible de la micronutrition à l’officine” pour former mon équipe. Quelles questions poser ? Quelles interactions connaître ? Quelles alternatives de micronutrition proposer selon les médicaments ? C’est passionnant. Il y a quelques mois, j’ai d’ailleurs publié un livre que j’ai souhaité très pédagogique, construit autour de la méthode des 4P (Personnalisation, Prévention, Participation, Prédiction) pour mieux vieillir. J’ai essayé de vulgariser la micronutrition sans trahir la science. C’est un vrai travail d’équilibriste !

Je n’aime pas le terme “médecine anti-âge”. On ne lutte pas contre l’âge. On vieillit, point. Mais on peut vieillir bien, avec énergie, mobilité, plaisir, sans médicaments inutilement accumulés. Une de mes grandes satisfactions, c’est de voir ma mère en bonne santé : 81 ans, jamais été aussi en forme. La micronutrition lui a littéralement changé la vie !

Quel message aimeriez-vous faire passer aux lecteurs ?

Écoutez-vous. Ne laissez jamais quelqu’un vous dire que “c’est dans votre tête” ou que “vous êtes juste stressée”. On n’est pas obligé d’attendre d’être malade pour prendre soin de soi.

La prévention, ce n’est pas vivre moins. C’est vivre mieux. Et surtout : gardez du plaisir. La santé n’est pas une punition, c’est une liberté !

Merci Véronique Mounier.

Véronique Mounier

Nutrithérapeute, Micronutritionniste, Nutrition, Praticien de Santé Intégrative et fonctionnelle

Pharmacie Tristan Bernard
1 Place Tristan Bernard
75017 PARIS

Pour aller plus loin :

La méthode des 4P - Éditions Flammarion

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